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SATURDAY GAME FEVER

Publié le par Jean Louis S.





Derrière Les Fagots  est une association située à Draveil (Essonne), qui propose aux musiciens d'excellents studios de répétition et d'enregistrement : les studios DLF.
Si cette activité est plutôt une "action de sous-sol" (les studios se trouvent dans une cave aménagée, celle de l'ancien conservatoire de Draveil), il se trouve que Derrière Les Fagots dispose d'une cour extérieure très agréable.

Alors une fois par an, le premier samedi de Juillet, L'idée du Jeu s'associe à DLF Studio et à la ville de Draveil pour organiser une grande après-midi ludique. C'est la SATURDAY GAME FEVER.

Au programme : des jeux pour les petits, des jeux pour les grands, des jeux pour les ados, des jeux pour les geeks, des jeux en bois, en carton, en plastique, en papier et en rêves, des jeux de toutes les couleurs, bref, des jeux à foison !

la 3ème SATURDAY GAME FEVER
à partir de 14H.
 DLF Studio
75 boulevard du général De Gaulle
91210 Draveil



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Chronique sauvage

Publié le par Jean Louis S.

 

 

Cette chronique est peut-être un exercice. Il se peut qu’elle soit une première. Ou la dernière. En tout cas, rien d’innocent.

Je pars à l’aventure équipé d’une idée, juste une idée en tête. Une idée de rien. Je vais parler d’un jeu, mais je ne sais pas encore lequel.
Ou alors je le sais, mais ne le dis pas.
Ou bien j’en parle sans même y avoir joué.
Ou enfin je l’ai joué, chaque jour, chaque matin, un petit jeu quotidien, mais je n’en parle pas. Et si j’en parle, je dis n’importe quoi. Est-ce trahir ?

 

Que voulons-nous entendre des choses que l’on aime ? Qu’attendre, à écrire ces mots, de qui les recevra ?
Est-ce pour donner l’envie, pour développer un peu de culture du jeu dans les chaumières françaises, est-ce juste pour partager ce jeu que j’aime, autrement qu’à brasser des pions les deux coudes sur la table.
Et si le jeu n’était qu’un prétexte pour user les mots ! Ils seraient la matière, le matériel. Des lettres en guise de pions, des sens en guise de dés. Le plateau : une page. Les mots s'y tendent, se tordent. Les mots se tancent, et moi je ne veux plus jouer. Les phrases me fatiguent. Je dois les construire, les ciseler, usiner chaque liaison, traquer le mot juste, soigner ma périphrase, et signer ma logorrhée d’un neurone sanguin.
Et si écrire, c’était jouer ma vie ! Je rendrais au jeu la réalité dont on le dévêt, le lestant d’inutile jusqu’à l’étouffer, et le dénaturer.

 
La signification de ceci serait : lorsque j’écris, je ne joue pas. Je peux parler de jeu, je peux le faire de façon ludique, je peux m’en amuser, nul jeu de mots ne transforme ces mots en jeu.
Si je joue à ne partir de rien, l’objet final n’est pas le jeu lui-même. Le but serait : sortir de la règle fixée pour étendre le champ des explorations. Je me décale de la réalité pour parvenir à l’aborder sous un angle singulier. Mais c’est bien la réalité que je poursuis, c'est-à-dire celle que je reconnais comme telle, que je conscientise. L’attitude emprunte bien au ludique, mais le but en serait de ne plus jouer…

 Non je ne joue pas ma vie, et c’est considérer le jeu que le séparer de la vie réelle. C’est lui conserver son sens, son essence, ses significations, ses rôles symbolique et culturel.
Mais la langue française ne nous fournit qu’un mot : jeu, là où trois suffiraient à peine pour désigner tant de choses si différentes ! Cela reviendrait à n’appeler que « voiture », à la fois le véhicule, la conduite, et le code de la route.


Pendant que pour parler d’argent ou de sexe, nous avons tant de possibilités !

 
Je n’ai rien dit.
Ou alors j’ai dit mais je n’ai pas parlé.
Ou bien j’ai parlé sans rien avoir à dire.
J’ai joué ou j’ai écrit ?
Ou bien je me suis tu, mais n’en pense pas moins. Est-ce trahir ?
 

 

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Du jeu pour me construire et tromper mon ennui

Publié le par Jean Louis S.




Pieter Brugel "Les jeux d'enfants" - Huile sur bois de chêne 1560


De nos amis les penseurs, essayistes philosophes sociocutanés, certains se sont « amusés » à définir le jeu en observant sa place et son rôle dans les différentes sociétés. Ils en ont tiré des composantes globales tendant à s’attacher à l’espèce plutôt qu’à son milieu.

L’influence de l’environnement se traduit dans la forme que le jeu emprunte. Elle est déterminante des procédures et du matériel que l’on met en place. Mais le jouer, le principe même de détacher un segment de la réalité et de le transposer dans cette réalité décalée du jeu, ce qui à la vérité définit le jeu et l’être jouant, tient à l’existence même de l’espèce humaine et à son organisation en sociétés. L’homme joue avec les objets que sa culture l’a conduit à construire. Mais il joue, en tout lieu, à toute époque, et par tous les temps.

Il joue pour symboliser sa pensée (s’entraîner à comprendre) ou organiser sa survie (s’entraîner à vivre). De l’un à l’autre et souvent les deux.



L’ensemble de nos agissements individuels et collectifs ne tend qu’à installer les bases de notre survie. Construire un équilibre est la première urgence. Nous mobilisons pour cela tous les outils qui nous composent, et appréhendons comme il nous est possible les éléments qui nous entourent. Ensuite, dès qu’une mécanique est installée où nous trouvons un équilibre, comme il en est possible et de façon totalement inégale, alors seulement, il s’en est à agir de tromper son ennui.


Parce que l’équilibre est ennuyeux. Il ne nous remplit pas. Tous juste nous permet-il de saisir les éléments de notre insatisfaction. De leur donner des noms. Cet équilibre que nous poursuivons de nos vœux conscients et inconscients qui peut s’apparenter à de la sagesse. Quel est-il, quelle est sa nature ? Une sorte de milieu juste, d’alternation régulière entre l’angoisse mais pas trop, et l’euphorie ce qu’il faut. L’équilibre est dans le poids mis en jeu pour contrebalancer au bon moment l’angoisse et l’euphorie, la folie et la raison, la vie et la petite mort, que ces phases se succèdent sans que l’une ne prenne le pas sur l’autre. Juste l’emboîte, et modère les excès de sa sœur ennemie, chacune à son tour et sans jamais aller trop loin. Le jeu se situe dans ce contrepoids, qui permet à la balance de fonctionner avec aisance. Comme un lubrifiant nécessaire au confort mécanique de l’oeuvre. C’est un jeu de l’existence.

Dans l’état qu’il procure, le jeu est chargé de nos espoirs et de nos angoisses. C’est pourquoi dans le jeu nous nous livrons totalement, plus ouvertement que dans la vie réelle où nous nous protégeons derrière le bouclier de nos faire-semblant. Les règles sont claires, immuables, et surtout elles nous sont extérieures. Nous n’avons donc aucun enjeu à les remettre en question. Nous pouvons évoluer sans contraintes dans ce monde totalement clos et incroyablement ouvert ! Colas Duflo définit finement le jeu comme « l’invention d’une liberté dans et par une légalité ». C’est la règle du jeu qui crée la liberté du joueur. Elle le libère de ses contingences, elle lève ses barrières, elle permet aux protagonistes d’échanger sur un terrain commun et au mieux totalement détaché de la réalité, ou disons suffisamment décalé pour lui permettre de donner corps à une part de son imaginaire.


Car en premier lieu, le jeu nous fait rêver.


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