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Chronique sauvage

Publié le par Jean Louis S.

 

 

Cette chronique est peut-être un exercice. Il se peut qu’elle soit une première. Ou la dernière. En tout cas, rien d’innocent.

Je pars à l’aventure équipé d’une idée, juste une idée en tête. Une idée de rien. Je vais parler d’un jeu, mais je ne sais pas encore lequel.
Ou alors je le sais, mais ne le dis pas.
Ou bien j’en parle sans même y avoir joué.
Ou enfin je l’ai joué, chaque jour, chaque matin, un petit jeu quotidien, mais je n’en parle pas. Et si j’en parle, je dis n’importe quoi. Est-ce trahir ?

 

Que voulons-nous entendre des choses que l’on aime ? Qu’attendre, à écrire ces mots, de qui les recevra ?
Est-ce pour donner l’envie, pour développer un peu de culture du jeu dans les chaumières françaises, est-ce juste pour partager ce jeu que j’aime, autrement qu’à brasser des pions les deux coudes sur la table.
Et si le jeu n’était qu’un prétexte pour user les mots ! Ils seraient la matière, le matériel. Des lettres en guise de pions, des sens en guise de dés. Le plateau : une page. Les mots s'y tendent, se tordent. Les mots se tancent, et moi je ne veux plus jouer. Les phrases me fatiguent. Je dois les construire, les ciseler, usiner chaque liaison, traquer le mot juste, soigner ma périphrase, et signer ma logorrhée d’un neurone sanguin.
Et si écrire, c’était jouer ma vie ! Je rendrais au jeu la réalité dont on le dévêt, le lestant d’inutile jusqu’à l’étouffer, et le dénaturer.

 
La signification de ceci serait : lorsque j’écris, je ne joue pas. Je peux parler de jeu, je peux le faire de façon ludique, je peux m’en amuser, nul jeu de mots ne transforme ces mots en jeu.
Si je joue à ne partir de rien, l’objet final n’est pas le jeu lui-même. Le but serait : sortir de la règle fixée pour étendre le champ des explorations. Je me décale de la réalité pour parvenir à l’aborder sous un angle singulier. Mais c’est bien la réalité que je poursuis, c'est-à-dire celle que je reconnais comme telle, que je conscientise. L’attitude emprunte bien au ludique, mais le but en serait de ne plus jouer…

 Non je ne joue pas ma vie, et c’est considérer le jeu que le séparer de la vie réelle. C’est lui conserver son sens, son essence, ses significations, ses rôles symbolique et culturel.
Mais la langue française ne nous fournit qu’un mot : jeu, là où trois suffiraient à peine pour désigner tant de choses si différentes ! Cela reviendrait à n’appeler que « voiture », à la fois le véhicule, la conduite, et le code de la route.


Pendant que pour parler d’argent ou de sexe, nous avons tant de possibilités !

 
Je n’ai rien dit.
Ou alors j’ai dit mais je n’ai pas parlé.
Ou bien j’ai parlé sans rien avoir à dire.
J’ai joué ou j’ai écrit ?
Ou bien je me suis tu, mais n’en pense pas moins. Est-ce trahir ?
 

 

Commenter cet article

Ludo 20/06/2008 19:23

Exercice de style, mouvements de lettres, collisions de mots...

Quelle belle idée de jeu, de mots.
L'idée n'est pas inédite, mais elle est dite,
Déjouer les mots et décider du jeu.
Les mots ? des jouets pour l'idée du jeu.

karotte 18/06/2008 02:58

En tout cas c'est toujours un plaisir de te lire,
Jeu de mots, règles de vie, les dés roulent et les mots rient !
Je ou Jeu ?
Spinosette