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des idees a partager

Manifeste pour un val d'Yerres ludique

Publié le par Juan

Manifeste pour un val d'Yerres ludique

Depuis toujours, l'homme se construit en jouant.

Chaque société et chaque individu entretient avec le jeu une relation particulière. Il est constitutif de notre culture car tous nous l'avons éprouvé et il nous a servi. Le jeu nous permet d'explorer l'ensemble de nos compétences et d'inventer une relation sociale sans cesse renouvelée.

Dans cette société où nous nous enfermons de plus en plus dans des préoccupations individuelles et des activités technocentrées, nous avons plus que jamais besoin de ces moments partagés juste pour le plaisir. Nous avons besoin de mettre du jeu dans la cité, afin de nous réapproprier l'espace social et le bien vivre ensemble. Car le jeu est essentiel au développement harmonieux des individus. Il nous remet au centre de nos activités en nous permettant de vivre l'instant présent, une activité partagée sans autre finalité que le plaisir qu'elle procure.

Le territoire du Val d'Yerres n'a pas une grande culture ludique. Une unique ludothèque associative est implantée à Yerres ("l'île aux trésors") dans les locaux de la médiathèque et fonctionne grâce à ses bénévoles. Pourtant elle touche toujours plus de familles. Pourtant nous jouons ici comme ailleurs, nous jouons et le jeu est toujours plus présent dans nos espaces sociaux, dans nos bibliothèques, dans nos espaces intimes...

Le val d'Yerres ludique s'anime. Un tissu associatif de joueurs et de joueuses adultes se constitue et organise des moments de jeu dans les salles municipales ou dans les bars. Ce mouvement va se développer.

Mettre du jeu dans l'espace public, former des professionnels et développer l'utilisation du jeu dans les centres sociaux, dans les écoles, dans les fêtes populaires, est un acte politique.

Une Maison des Jeux ou une ludothèque publique est une chance pour le projet social d'un territoire. Ces structures doivent être soutenue et encouragée par les politiques publiques comme un véritable service public à destination du plus grand nombre, quelles que soient nos origines ou nos catégories socioprofessionnelles.

Nous, joueurs, acteurs associatifs, communauté d'individus qui nous retrouvons régulièrement pour jouer et partager le jeu, développons à notre mesure la culture ludique sur le territoire du val d'Yerres. Il est temps que nos élus comprennent l'intérêt qu'ils ont à en faire autant, à considérer le jeu comme un outil pertinent de l'intervention sociale/éducative/culturelle et à encourager les actions visant à proposer du jeu aux populations.

J'appelle les maires du val d'Yerres, les conseillers municipaux, les directeurs de services, j'appelle le président et les vice-présidents de notre toute nouvelle communauté d'agglomération, à favoriser la création de ludothèques dans les quartiers et d'une Maison des Jeux du val d'Yerres, structure centrale et centre de ressources pour le développement d'un territoire ludique du val d'Yerres.

Dans cette société de l'avoir construite sur la consommation et la possession, le jeu, pour un temps donné, nous permet d'être.

Le Réseau Ludique du Val d'Yerres

Manifeste pour un val d'Yerres ludique

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Quelques définitions du Jeu

Publié le par Jean-Louis S




"Celui qui entreprend de parler du jeu en général est comparable à quelqu'un qui voudrait parler des étoiles et traiterait non seulement des astres lointains en même temps que les étoiles filantes, mais aussi des étoiles de mer, de certaines décorations, de la place de l'étoile et des vedettes de la scène ou de l'écran"
"les jeux de l'esprit" de J.O. Granjouan



Wikipedia (1)
Le trait le plus évident du jeu n'est autre que sa différence avec la réalité. Jouer, c'est jouer à être quelqu'un d'autre, ou bien c'est substituer à l'ordre confus de la réalité des règles précises et arbitraires, qu'il faut pourtant respecter scrupuleusement. Il faut entrer dans le jeu, il ne supporte pas le scepticisme notait Paul Valéry. Cependant, le jeu n'est plaisant que dans la mesure où cette entrée dans le jeu, en latin in–lusio, c'est-à-dire illusion, est librement consentie. Le jeu est l'occasion d'émotions puissantes, liées à ses aléas, au désir de gagner, au poids des enjeux. Pourtant, le jeu est, en première analyse du moins, "innocent", en ce sens que vaincre au jeu, ce n'est pas humilier l'adversaire. Prendre sa revanche est en droit toujours possible. « Toute nouvelle partie apparaît comme un commencement absolu », souligne Roger Caillois. Le jeu « est condamné à ne rien fonder ni produire, car il est dans son essence d'annuler ses résultats ».
 
Karl Groos
« La jeunesse, qui n'existe que chez les espèces élevées, a pour but de procurer à l'animal le temps nécessaire pour s'adapter à ses devoirs très compliqués et qui ne sauraient être accomplis par l'instinct seul. » On peut en effet observer que les jeux des jeunes animaux consistent le plus souvent à exercer une activité motrice ou mimer les adultes : chasses, comportements sociaux... 
 
Johan Huizinga
« Le jeu est une action ou une activité volontaire, accomplie dans certaines limites fixées de temps et de lieu, suivant une règle librement consentie mais complètement impérieuse, pourvue d'une fin en soi, accompagnée d'un sentiment de tension et de joie, et d'une conscience d'être autrement que la vie courante.»
 
Roger Caillois
Le jeu est une activité :
libre : à laquelle ne saurait être obligé sans que le jeu perde aussitôt sa nature de divertissement attirant et joyeux
séparée : circonscrite dans des limites d'espace et de temps précises et fixées à l'avance;
incertaine: dont le déroulement ne saurait être déterminé ni le résultat acquis préalablement, une certaine latitude dans la nécessité d'inventer étant obligatoirement à une situation identique à celle du début de la partie;
improductive: ne créant ni biens, ni richesse, ni élément nouveau d'aucune sorte; et sauf déplacement de propriété au sein du cercle des joueurs, aboutissant à une situation identique à celle du début de la partie;
réglée : soumise à des conventions qui suspendent les lois ordinaires et qui instaurent momentanément une législation nouvelle, qui seule compte;
fictive: accompagnée d'une conscience spécifique de réalité seconde ou de franche irréalité par rapport à la vie courante.
 
Jacques Henriot
"On appelle jeu tout procès métaphorique résultant de la décision prise et maintenue de mettre en oeuvre un ensemble plus ou moins coordonné de schèmes consciemment perçus comme aléatoires pour la réalisation d'un thème délibérément posé comme arbitraire."
 
Colas Duflo
"C’est l’invention d’une liberté dans et par une légalité"
=> Le jeu institue un espace de liberté au sein d'une légalité particulière définie par la règle du jeu
 
Gilles  Brougère (2) (3)
Propose cinq critères permettant d’analyser si une situation est propice à une attitude ludique :
• Le second degré
• La décision
• La règle
• L’incertitude
• La frivolité
 
Notes :
Le second degré :
C’est cette capacité de sortir du quotidien pour entrer consciemment dans un imaginaire, un faire semblant.
La fiction « réelle », faire semblant part toujours de la réalité. Le joueur s’y investit avec autant de sérieux que dans la réalité.
 
La décision :
Cela implique la prise de décision de jouer le jeu. D’autre part, le critère de décision implique que le jeu en lui-même donne au joueur la possibilité de prendre ses propres décisions.
L’adhésion, il n’y a jeu que si le joueur le décide
 
La règle :
Pour pouvoir jouer au même jeu, il faut que tous les joueurs acceptent les règles de celui-ci.
La règle est indispensable pour la structuration du jeu
 
L’incertitude :
Pour que la situation soit ludique, il faut que la finalité soit incertaine. Un casse-tête dont on connaît la solution n’est plus ludique. Comme le dit Henriot « Tout jeu est un système aléatoire dans lequel le sujet s’engage en connaissance de cause, mais non d’effet. »
L’incertitude est le moteur du jeu. Le jeu n’est jamais deux fois le même. On ne sait jamais à l’avance comment il va se dérouler et finir
 
La frivolité :
Les décisions prisent dans le jeu n’ont pas de conséquence hors du jeu. Le jeu est frivole car on ne le fait que pour ce qu’il est.
Il n’y a aucune conséquence sur la réalité, le jeu invite à de nouvelles expériences dont il n’est pas nécessaire de mesurer les risques avant de l’accepter. On est force de proposition, plus créatif. On peut se surpasser.


 
Quelques considérations générales (4)
 
     # L’activité de jeu est commune à tous les humains, quel que soit leur âge, et aux animaux, tout du moins aux "mammifères supérieures". 
     # Une certaine liberté est inhérente à l’activité ludique : le jeu ne peut être contraint, sous peine de perdre son caractère de jeu. C’est sur ce point qu’il diffère des conduites soumises aux contraintes de la réalité, immédiate ou distanciée. 
    # N’importe quelle activité peut donner lieu à des jeux, qu’elle relève des domaines psychomoteurs, cognitif, sociaux, qu’elle s’exerce de façon solitaire ou à plusieurs, qu’elle utilise ou non des objets d’usage courant ou spécifiquement destinés à l’usage de jouets. Les mêmes activités peuvent aussi ne pas accéder au statut de jeu, si le sujet ne les accepte pas comme telles.
     # Le jeu porte en lui-même sa finalité, c'est-à-dire qu’il ne saurait être soumis à des fins utilitaires qui lui soient extérieures. C’est en cela qu’il se différencie du travail, rétribué ou non.
     # Le plaisir du joueur est un facteur inhérent au jeu.
     # Le jeu est toujours envisagé à travers son rapport à la réalité
 
 
 
Citations
«   #  Le jeu c’est le travail de l’enfant, c’est son métier, c’est sa vie »
(Pauline Kergomard)
«   #  Le jeu devrait être considéré comme l’activité la plus sérieuse des enfants. »
(Montaigne)
«   #  L’homme qui ne joue pas a perdu pour toujours l’enfant qui était en lui. »
(Pablo Neruda)
«   #  ... cette époque où l’enfant, jouant avec tant d’ardeur et de confiance, se développe dans le jeu, n’est-elle pas la plus belle manifestation de sa vie ? Elle est la manifestation vraie de ses aptitudes pour la vie. On ne doit pas regarder le jeu comme une chose frivole, mais comme une chose d’une profonde signification... Dans ces jeux, choisis spontanément par l’enfant qui s’y livre avec tant d’ardeur, son avenir se révèle aux yeux des éducateurs attentifs et intelligents... » (Friedrich Fröbel)
«   #  On peut en savoir plus sur quelqu’un en une heure de jeu qu’en une année de conversation » (Platon)
«   #  L’homme ne joue que là ou, dans la pleine acceptation du mot, il est homme, et il n’est tout à fait homme que là ou il joue » (Friedrich von Schiller)
«   #  L'opposé du jeu n'est pas le sérieux mais la réalité » (Sigmund Freud)
 «  #  La maturité de l’homme, c’est d’avoir retrouvé le sérieux qu’on avait au jeu quand on était enfant. » (Friedrich Nietzsche)
«   #  Le jeu, c’est tout ce qu’on fait sans y être obligé. » (Mark Twain)
«   #  C’est le vrai droit du jeu de tromper le trompeur » (Charles Perrault)
 
 
 
        Certaines références :
         (1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeu

     (2) http://www.cicurel.fr/david/dossier_recherche_jeuxderoleparforum.pdf
 
     (3) http://www.paris.iufm.fr/article.php3?id_article=1160
(   (4)
http://www.passerelles-eje.info/dossiers/dossier_194_la+fonction+jeu+symbolique.html

       crédits photos : finalistes du concours "jugamos todos"
 
 
 


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Bienvenue en Illudie

Publié le par Jean Louis S.

 

Il y avait un endroit, un havre, où ils se rencontraient chaque fois qu’ils se mettaient à jouer.


Assis le plus souvent, autour d’une table, ou confortablement installés dans un fauteuil de classe, parfois grimés à la manière de combattants d’une autre époque, ils inventaient un monde pour s’y retrouver. Ils créaient un pays en perpétuel mouvement, une terre protoforme où chaque élément a une place essentielle, où l’imaginaire est la seule science exacte, où les histoires que l’on raconte ont valeur de mythe.

Lorsqu’ils se rendaient là-bas, ils abandonnaient leur carapace sur le seuil de la porte. Ils ne se jaugeaient plus comme des associés pour la vie, mais étaient des compagnons d’aventure, d’une aventure, légère et sans conséquences.

Ils ne se jugeaient plus. Ils pouvaient parler ou se taire, être fous ou géniaux, être à loisirs des enfants, des hommes, des extraterrestres, sans que personne ne s’inquiétât de leur santé mentale.

Ils pouvaient communiquer de toutes les manières possibles et impossibles.

Ils pouvaient mourir et régénérer mille fois, chevaucher des dragons, dresser des walkyries, et vendre la peau des ours avant même qu’ils ne fussent inventés.


Par leur simple pouvoir de suggestion, ils invitèrent leurs parents et amis à visiter ce monde. Ils y chantèrent ensemble, ils y rirent, ils y échangèrent intensément. Jamais auparavant ils n’avaient osé, ou simplement pensé communiquer de la sorte. Ils seraient passés les uns près des autres, sans se voir ! Chacun se prit au jeu, ensemble ils construisirent un élan, un quartier de la ville, un bout de ce pays.

Ils se dirent qu’ils n’inventaient pas un monde mais que chaque individu en détenait une partie, et qu’il suffit de se rencontrer pour qu’aussitôt il s’anime. Mais il existait bien. Et eux, ils étaient des explorateurs. Les découvreurs de ces contrées sauvages, de ces espaces naturels inexplorés.

Ils le nommèrent « ILLUDIE », et s’y donnèrent rendez-vous à chaque occasion, avec de nouveaux compagnons.

Illudie est le pays où nous nous retrouvons lorsque nous jouons ensemble. Une fantasia consciente et volontaire, une contrée éphémère et fantasmatique où la communication est au-delà des mots, où les règles sont différentes et consenties.

Illudie est un territoire conscient qui nous expose et nous protège. Et nous y sommes en paix car nous nous y rendons tous pour vivre avec fantaisie.

 

 

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Chronique sauvage

Publié le par Jean Louis S.

 

 

Cette chronique est peut-être un exercice. Il se peut qu’elle soit une première. Ou la dernière. En tout cas, rien d’innocent.

Je pars à l’aventure équipé d’une idée, juste une idée en tête. Une idée de rien. Je vais parler d’un jeu, mais je ne sais pas encore lequel.
Ou alors je le sais, mais ne le dis pas.
Ou bien j’en parle sans même y avoir joué.
Ou enfin je l’ai joué, chaque jour, chaque matin, un petit jeu quotidien, mais je n’en parle pas. Et si j’en parle, je dis n’importe quoi. Est-ce trahir ?

 

Que voulons-nous entendre des choses que l’on aime ? Qu’attendre, à écrire ces mots, de qui les recevra ?
Est-ce pour donner l’envie, pour développer un peu de culture du jeu dans les chaumières françaises, est-ce juste pour partager ce jeu que j’aime, autrement qu’à brasser des pions les deux coudes sur la table.
Et si le jeu n’était qu’un prétexte pour user les mots ! Ils seraient la matière, le matériel. Des lettres en guise de pions, des sens en guise de dés. Le plateau : une page. Les mots s'y tendent, se tordent. Les mots se tancent, et moi je ne veux plus jouer. Les phrases me fatiguent. Je dois les construire, les ciseler, usiner chaque liaison, traquer le mot juste, soigner ma périphrase, et signer ma logorrhée d’un neurone sanguin.
Et si écrire, c’était jouer ma vie ! Je rendrais au jeu la réalité dont on le dévêt, le lestant d’inutile jusqu’à l’étouffer, et le dénaturer.

 
La signification de ceci serait : lorsque j’écris, je ne joue pas. Je peux parler de jeu, je peux le faire de façon ludique, je peux m’en amuser, nul jeu de mots ne transforme ces mots en jeu.
Si je joue à ne partir de rien, l’objet final n’est pas le jeu lui-même. Le but serait : sortir de la règle fixée pour étendre le champ des explorations. Je me décale de la réalité pour parvenir à l’aborder sous un angle singulier. Mais c’est bien la réalité que je poursuis, c'est-à-dire celle que je reconnais comme telle, que je conscientise. L’attitude emprunte bien au ludique, mais le but en serait de ne plus jouer…

 Non je ne joue pas ma vie, et c’est considérer le jeu que le séparer de la vie réelle. C’est lui conserver son sens, son essence, ses significations, ses rôles symbolique et culturel.
Mais la langue française ne nous fournit qu’un mot : jeu, là où trois suffiraient à peine pour désigner tant de choses si différentes ! Cela reviendrait à n’appeler que « voiture », à la fois le véhicule, la conduite, et le code de la route.


Pendant que pour parler d’argent ou de sexe, nous avons tant de possibilités !

 
Je n’ai rien dit.
Ou alors j’ai dit mais je n’ai pas parlé.
Ou bien j’ai parlé sans rien avoir à dire.
J’ai joué ou j’ai écrit ?
Ou bien je me suis tu, mais n’en pense pas moins. Est-ce trahir ?
 

 

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Du jeu pour me construire et tromper mon ennui

Publié le par Jean Louis S.




Pieter Brugel "Les jeux d'enfants" - Huile sur bois de chêne 1560


De nos amis les penseurs, essayistes philosophes sociocutanés, certains se sont « amusés » à définir le jeu en observant sa place et son rôle dans les différentes sociétés. Ils en ont tiré des composantes globales tendant à s’attacher à l’espèce plutôt qu’à son milieu.

L’influence de l’environnement se traduit dans la forme que le jeu emprunte. Elle est déterminante des procédures et du matériel que l’on met en place. Mais le jouer, le principe même de détacher un segment de la réalité et de le transposer dans cette réalité décalée du jeu, ce qui à la vérité définit le jeu et l’être jouant, tient à l’existence même de l’espèce humaine et à son organisation en sociétés. L’homme joue avec les objets que sa culture l’a conduit à construire. Mais il joue, en tout lieu, à toute époque, et par tous les temps.

Il joue pour symboliser sa pensée (s’entraîner à comprendre) ou organiser sa survie (s’entraîner à vivre). De l’un à l’autre et souvent les deux.



L’ensemble de nos agissements individuels et collectifs ne tend qu’à installer les bases de notre survie. Construire un équilibre est la première urgence. Nous mobilisons pour cela tous les outils qui nous composent, et appréhendons comme il nous est possible les éléments qui nous entourent. Ensuite, dès qu’une mécanique est installée où nous trouvons un équilibre, comme il en est possible et de façon totalement inégale, alors seulement, il s’en est à agir de tromper son ennui.


Parce que l’équilibre est ennuyeux. Il ne nous remplit pas. Tous juste nous permet-il de saisir les éléments de notre insatisfaction. De leur donner des noms. Cet équilibre que nous poursuivons de nos vœux conscients et inconscients qui peut s’apparenter à de la sagesse. Quel est-il, quelle est sa nature ? Une sorte de milieu juste, d’alternation régulière entre l’angoisse mais pas trop, et l’euphorie ce qu’il faut. L’équilibre est dans le poids mis en jeu pour contrebalancer au bon moment l’angoisse et l’euphorie, la folie et la raison, la vie et la petite mort, que ces phases se succèdent sans que l’une ne prenne le pas sur l’autre. Juste l’emboîte, et modère les excès de sa sœur ennemie, chacune à son tour et sans jamais aller trop loin. Le jeu se situe dans ce contrepoids, qui permet à la balance de fonctionner avec aisance. Comme un lubrifiant nécessaire au confort mécanique de l’oeuvre. C’est un jeu de l’existence.

Dans l’état qu’il procure, le jeu est chargé de nos espoirs et de nos angoisses. C’est pourquoi dans le jeu nous nous livrons totalement, plus ouvertement que dans la vie réelle où nous nous protégeons derrière le bouclier de nos faire-semblant. Les règles sont claires, immuables, et surtout elles nous sont extérieures. Nous n’avons donc aucun enjeu à les remettre en question. Nous pouvons évoluer sans contraintes dans ce monde totalement clos et incroyablement ouvert ! Colas Duflo définit finement le jeu comme « l’invention d’une liberté dans et par une légalité ». C’est la règle du jeu qui crée la liberté du joueur. Elle le libère de ses contingences, elle lève ses barrières, elle permet aux protagonistes d’échanger sur un terrain commun et au mieux totalement détaché de la réalité, ou disons suffisamment décalé pour lui permettre de donner corps à une part de son imaginaire.


Car en premier lieu, le jeu nous fait rêver.


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La théorie des jeux

Publié le

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La « théorie des jeux » fut présentée en 1944 par un économiste, Oskar Morgenstern, et  un mathématicien de génie, John Von Neumann, dans un désormais classique et impressionnant traité d’étude mathématisée du comportement stratégique : « the theory of games and economic behaviour ».
En fait de théorie, il s’agit d’une méthode de prise de décision par l’analyse des interactions rationnelles entre des groupes de personnes ; un guide stratégique à destination des individus pensants désireux d’optimiser les affaires qu’ils entretiennent avec d’autres individus pensants.

Cela s’applique à l’ensemble des rapports humains, dès lors que les individus ont quelque décision à prendre, non pas une décision mais la bonne décision au regard des perspectives envisagées.

O. Morgenstern
morgenstern-copie-1.gif C’est en quelque sorte une théorie de l’efficacité maximum. Il n’est donc pas si étonnant qu’elle ait émergé du champ de l’investigation économique, tant cet aspect est devenu le moteur essentiel de société depuis la révolution industrielle du 19ème siècle.

La théorie des jeux définit le jeu comme une constante des relations humaines. Il y a jeu dès que des personnes interagissent.
Ainsi considérée, l’idée de jeu se rapproche (étrangement ?) d’une vision toute sartrienne du mouvement existentialiste pour qui tout est jeu et le jeu est en tout : le jeu de l’être (et du néant !) jouant à paraître en permanence, jouant à la construction de sa vie de société, jouant à ressembler à ce qu’il désire être. (1) (2)

Mais à la base s’arrête la similitude (on y reviendra) car les deux développements proposés n’ont plus rien de commun. Là où les philosophes envisagent l’âme humaine sous un angle quasiment mystique, les économistes et mathématiciens introduisent un élément déterminant : la rationalité. Ainsi la théorie des jeux telle que décrite est « la description de ce qui se passe lorsque des personnes interagissent rationnellement ». (3)

Cette hypothèse de l’altérité rationnelle, en évacuant le facteur humain « incompétent », permet des réflexions stratégiques très intéressantes : analyse de situation, décryptages des enjeux et des préférences des autres « joueurs », élaboration d’une stratégie gagnante pour atteindre un résultat optimal, rationnellement optimal.

La théorie des jeux est donc un outil pratique, permettant de se forger une « intuition stratégique » pour faire face aux situations où l’intuition seule ne suffit pas.

Bien sûr j’emprunte des raccourcis éhontés, la nature des concepts décrits par ces théoriciens est beaucoup plus complexe. Mais ce « bout d’essentiel » est intéressant pour les passionnés de jeux de société que nous puissions être. La construction stratégique est décryptée, analysée, commentée, argumentée, la démonstration relève d’une méthode scientifique et pousse à son extrême limite ce type de réflexions que nous menons autour d’un plateau de jeu pour élaborer les stratégies qui vont nous permettre de tirer un bénéfice optimal d’une situation donnée, le fut-elle avec des cubes en bois ou des cartes en main.

J. Von Neumann et sa dernière invention : l'ordinateur !

von-neuman-avec-son-ordinateur-copie-2.jpgLe jeu sous-tendu, entendu sous cet éclatant propos, est un jeu « strictement compétitif et à information complète ». La rationalité s’émancipe du hasard. Cette donnée est fixée en préambule, et sur elle s’appuie tout le raisonnement. Le principe est que chaque « joueur » agisse toujours au mieux de ses intérêts (et non de façon irrationnelle !). Ainsi la théorie fait sens puisque l’on est alors en capacité de s’appuyer sur des données objectives pour anticiper ce que chacun va peut-être faire dans le futur pour décider stratégiquement de son action présente. Ce processus s’appelle « l’induction rétrospective » et nous l’appliquons dès que nous pratiquons un jeu de stratégie avec interactions. Mais attention : interactions rationnelles ! Avec des individus suffisamment intelligents pour se porter volontairement et en permanence là où seront leurs plus grands avantages stratégiques.


Si l’on revient maintenant sur cette notion de rationalité acquise, si l’on considère la faillibilité, la subjectivité, la réelle irrationalité de l’être humain, si l’on prend comme facteur permanent l’inconstance de l’homme, alors la théorie des jeux se vide de toute moelle sociale tout en présentant un superbe système de représentations logiques, qui en toute objectivité, se passe fort bien de présence humaine.

Cette présence humaine qui, de toute façon, n’était déjà qu’un prétexte puisque par la grâce de la rationalité, l’homme est ici uniquement défini par le profit qu’il va engendrer.

Eh oui, déjà en 1944 !

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(1)   Jean-Paul Sartre « l’être et le néant »

(2)   Jacques Henriot « le jeu »

(3)   Ken Binmore « Jeux et théorie des Jeux » De Boeck Université

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Du jeu des idées à l'idée du jeu

Publié le par Jean Louis

repères historiques


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A tout âge, en toute circonstance, et depuis la nuit des temps, les hommes jouent. Pourtant, au fil des époques, on est surpris de voir à quel point le jeu a peu intéressé les chercheurs, philosophes, théoriens de tous poils et de tout horizon !

La pensée sur le jeu, si elle n’est pas totalement et généralement absente des travaux des intellectuels, a cependant été entourée de mépris, de peur, voire de haine de la part des directeurs de conscience. La raison principale tient en cette opposition du ludique et du sérieux, du jeu et du travail, du futile et du profond, qui structure nos représentations

 


Au commencement était le verbe

Aristote considérait qu’une « vie vertueuse ne va pas sans effort sérieux (eh oui, déjà) et ne consiste pas en un simple jeu ». Il concevait cependant le jeu comme un délassement indispensable. Cette dernière opinion fut ensuite simplement annihilée par les pères de l’église qui associèrent le jeu aux passions les plus dangereuses, entraînant l’être humain vers les perditions des plaisirs terrestres. Nous entrons alors dans la sombre période, une bonne quinzaine de siècles de morale empreinte de religiosité et d’inquisition selon laquelle toute trace de plaisir est suspecte, et a fortiori le jeu voué  aux foudres de la vindicte théologique.

Le jeu est coupable, qui détourne l’homme de sa vertueuse destinée.

Cette idée perdurent jusqu’au 18ème siècle, où Diderot donne dans l’Encyclopédie une définition du verbe jouer emprunte de cette vision négative issue des théologiens du Moyen Age : « Se dit de toutes occupations frivoles auxquelles on s’amuse ou on se délasse, mais entraîne quelquefois aussi la perte de la fortune et de l’honneur ». Il admet toutefois que « les hommes ont inventé une infinité de jeux qui tous marquent beaucoup de sagacité ».

Son collègue en Encyclopédie, Rousseau, introduit dans son traité d’éducation (1) le jeu comme un vecteur de plaisir, et donc de désir d’apprendre. Il pose les prémisses du jeu libre en prônant une « méthode inactive » où les apprentissages se feront de toute façon, s’il le faut à l’encontre de l’éducateur. Cette vision de l’éducation lui vaudra les foudres de ses contemporains et un exil en Angleterre.

Kant (2) aborde le jeu sous l’aspect du plaisir qu’il procure. Il distingue le jeu de hasard (jeu de pari), le jeu de ton (la musique) et le jeu d’idées qui « résulte du changement de représentation dans la faculté de juger, et si ce faisant aucune pensée de quelque intérêt n’est produite, l’esprit est toutefois animé » (sic)

 

Puis vint le sujet

Le jeu commence donc à être considéré porteur de potentiel et d’ingéniosité. Mais il faudra attendre le 19ème siècle pour qu’il sorte du purgatoire où il fut enfermé durant des siècles. Certains romantiques, philosophes et pédagogues, voient dans le jeu enfantin une manifestation de la nature pure, intègre, et spontanée de l’enfant. C’est par ce biais que les théoriciens vont réévaluer l’image du jeu, jusqu’aux thèses évolutionnistes de Charles Darwin qui vont permettre d’accorder au jeu de l’enfant une place de choix.Karl Groos (3) l’envisage en effet, à l’image du jeu des animaux, comme une manifestation essentielle à la survie de l’espèce.

La boîte de Pandore est ouverte.

La période fin 19ème / début 20ème siècle marque un tournant fondamental dans cette histoire des idées et du jeu. C’est l’époque de la naissance de la psychologie en tant que science humaine, puis des premiers pas de la psychanalyse. Le jeu est envisagé sous l’angle de la construction de l’individu. Il est éducatif et porteur de tous les apprentissages... et reflet de psyché.

Sigmund Freud (4) place le jeu sous le signe du « principe de plaisir ». L’enfant recherche dans le jeu une réduction des tensions accumulées. Les désirs et les conflits de chaque stade du développement sont reflétés dans le jeu de l’enfant.

Selon Mélanie Klein (5), le jeu est une conduite par laquelle tend à se réaliser un certain équilibre entre le monde extérieur et le monde intérieur. Le jeu de l’enfant est révélateur de crainte, de frustration et d’obsessions. Il va fournir aux fantasmes une voie de décharge : le jeu va donc permettre à l’enfant de résoudre les conflits.

À cette période se développe également l’idée de jeux sportifs modernes, porteurs de l’idée de démocratie ainsi que d’un certain ordre moral. La manière de considérer le jeu évolue de manière productive, reflétant les valeurs d’une société. Un courant de pensée se met en place, permettant au 20ème siècle d’explorer plus largement l’idée du jeu.

 

Et les modernes

Le jeu se met à faire l’objet de réflexion, de classification, de tentative de définition. Parmi les maîtres d’œuvre, Jean Piaget (6) ou Jean Château (7) placent le jeu au centre du développement cognitif de l’enfant.

Mais c’est un historien néerlandais, Johan Huizinga (8), qui va publier en 1938 un ouvrage majeur (Homo Ludens, essai sur la fonction sociale du jeu) et relancer la réflexion sur le jeu et sa place dans la société, en se démarquant des théories jusque là admises qui attribuent au jeu une finalité autre que lui-même.

Pour lui le jeu n’est en rien une forme « dégradée » des activités humaines, mais au contraire leur source, le principe originel de toute culture, aussi bien des pratiques rituelles des sociétés primitives que de l’art et de la création, de la sagesse et de la science, du droit, de la guerre, ou du commerce…

 

A sa suite le sociologue Roger Caillois (9) définit le jeu comme « principe permanent de la vie sociale » et propose une classification centrée sur le jeu lui-même et non plus sur ses apports ou sur ses conséquences.

Puis Jacques Henriot (10) s’intéresse à la signification du jeu à la lueur des exposés de ses pairs, et livre une réflexion purement philosophique et extrêmement « technique ». Il cherche à le situer entre un « tout est jeu » de la pensée existentialiste (je joue à paraître tel que je voudrais que l’on me voie) et un « rien n’est jeu » des psychanalystes (tout comportement a une signification dont le fondement se trouve dans mon histoire, dans ma vie réelle). Il parle de « […] ce jeu qui s’insinue entre le sujet et lui-même, jeu à la faveur duquel le sujet se découvre et s’invente à la fois comme un auteur et un acteur de son acte ».

Plus récemment Colas Duflo (11) nous propose une relecture fort pertinente de Huizinga et Caillois, et approfondit cette question du « jouer » en définissant le jeu comme « l’invention d’une liberté dans et par une légalité ».




L’état du jeu

Aujourd’hui les théoriciens se penchent sur les activités ludiques comme processus social et culturel. Jouer c’est se socialiser, construire son identité. C’est également, comme le suggérait Huizinga, inventer de nouvelles formes culturelles.

La notion de plaisir est à présent prise en compte et envisagée comme un facteur indissociable de l’activité ludique. Ce plaisir que nous recherchons dans le jeu, qui nous motive, qui nous permet de surmonter les problématiques posées à l’intérieur du jeu, et dont la résolution est, en fin de compte, le but du jeu.

 

(1) Jean-Jacques Rousseau       « Émile ou De l’éducation » 1762

(2) Kant                                         « Critique de la faculté de juger » 1790

(3) Karl Groos                               « les jeux des hommes » 1899

(4) Sigmund Freud                       « Introduction à la psychanalyse » 1917

                                                       « Au-delà du principe de plaisir » 1920

(5) Mélanie Klein                        « La personnification dans le jeu de l'enfant » 1929

(6) Jean Piaget                             « la formation du symbole chez l’enfant » 1945

(7) Jean Château                         « l’enfant et le jeu » 1967

(8) Johan Huizinga                     « Homo Ludens, essai sur la fonction sociale du jeu » 1938

(9) Roger Caillois                        « les jeux et les hommes » 1958

(10) Jacques Henriot                   "Le jeu" 1969

(11) Colas Duflo                         « Jouer et philosopher » 1997

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L'évaluation des jeux de société

Publié le par Jean Louis



Réflexions sur l’évaluation des jeux de société et le fondement scientifique des quelques outils utilisés ça et là par des magistrats aventureux.


Il est à certains tentant de noter un jeu après une partie. Non pas pour y coller le jugement de dieu –tout le monde n’a pas l’essence divine- mais une note c’est un système d’évaluation qui va nous permettre de nous souvenir de l’impression laissée par le jeu, et c’est un outil commun permettant la comparaison. C’est pourquoi elle doit résulter d’une procédure égale et significative.
Mais l’exercice est difficile ! Une note n’a de valeur que pour celui qui la donne, et pour celui qui la reçoit s’il la prend dans la gueule.

A l’instar du pavé lancé dans l’amarre, une note que l’on pose et c’est le ludus populi qui juge le jugement à la lueur de ses propres expériences. C’est légitime et culturel. Tout comme cette idée d’évaluer, de juger avec le moins intéressant des procédés : la note. Sur 20 qui plus est, format éducation nationale, pour se souvenir d’où l’on vient et comment on y retourne.

A vrai dire je fus longtemps sceptique à l’idée de poser une note sur un jeu. Inutile, et surtout ça ne veut rien dire ! Mais nous y avons versé, entraîné par le groupe, s’amusant à se demander tel un Jacques Martin dominical : « Allez, on met une note ! » à la fin de chaque partie. Et puis on y a pris goût, parce qu’en fait, et malgré mes liminaires appréhensions, cette note lorsqu’elle tombe est le reflet d’une résonance que le jeu provoqua en moi. Elle a donc véritablement un bon sens : le mien.

Alors s’il faut y aller, il semble qu’un système d’évaluation doive rendre compte de deux aspects :

# Une évaluation descriptive, fournit des indices pratiques sur des aspects objectifs et quantifiables communs à la catégorie d’objet que l’on soumet à l’exercice. Il va s’agir d’évaluer la proportion du hasard par rapport à celle de la stratégie, d’éprouver une mécanique ludique, sa logique, sa fluidité, son réalisme, d’envisager la qualité du matériel et le plaisir de sa manipulation, de considérer la clarté de la rédaction des règles et d’augurer de leur compréhension pour une bonne mise en jeu. Ces points doivent donner une idée du type de jeu traité, de son degré de difficulté, de son « efficacité ludique », permettant au lecteur de cerner le jeu en question et de le comparer aux jeux qu’il connaît.

# Une évaluation subjective : c’est le contraire ! Ici les critères sont individuels, personnels, voire intimes. Il s’agit du plaisir que l’on a pris à jouer, en toute subjectivité. Cette évaluation ne s’argumente pas ou peu et ne correspond à rien de commun. Il s’agit de rendre compte d’un instantané, d’un morceau de vie séparé, isolé dans l’espace et dans le temps, au regard de ce que l’on est à cet instant, ce que l’on y fait, et ce que cela nous évoque.

De ces deux aspects et selon le rédacteur, l’un est la modération de l’autre. Mais ce sont bien les deux assemblés qui feront le corps de la critique, et donneront au lecteur l’envie de s’y intéresser ou de passer son chemin. Sachant que du propos développé, le lecteur composera ses propres critères, et construira sa propre évaluation en fonction d’éléments maîtrisés de lui seul : réception de la critique telle qu’elle est formulée, connaissance des goûts et avis antérieurs du rédacteur (crédibilité), disposition d’esprit à cet instant ou état de son compte en banque… ou tout autre critère dont l’existence indéniable nous échappe totalement.

Donc un exercice difficile (mais ça je l’ai déjà dit), qui devient impossible aux ambitieux qui laissent entendre un haut niveau référentiel et technique, une sorte de « scientifisme ». Car entendons-nous bien : cette démarche est absurde. Elle n’est qu’à catégoriser les gens et les choses, faire des ensembles et y coller des étiquettes. Mais surtout, cette démarche tend à installer une « critique de la critique », et à nous faire croire que dans cette histoire, certains ont tort et d’autres ont raison. Ce qui est le symbole même du désarroi ludique, du leurre, du déplaisir et de l’ostentation.

Il est donc important de garder à la critique le sens prédominant qui est le sien : c’est mon avis à l’instant où je le formule, il est sincère et construit avec ce que je suis aujourd’hui. Il peut changer, et nous aussi.
D’ailleurs, t’aurais pas un peu pris ?  
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