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Naissance d'un réseau

Publié le


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Le C.J.E est le Collectif pour le Jeu en Essonne.

 Ce Collectif dont l’idée du Jeu fait partie, regroupe des ludothèques et des clubs de jeu, mais aussi et surtout des passionnés qui veulent développer la culture ludique dans ce pays.




L’article 2 des statuts du C.J.E dit :

 « Cette association a pour but :

- L'organisation d'une dynamique fédérative dans le domaine du jeu

- La constitution d'un réseau en Essonne

 -La représentation auprès des différents acteurs et partenaires institutionnels concernés par ce secteur

 -Le soutien d'initiatives visant à développer le conseil, la promotion, la formation, la pratique de l'activité ludique sous toutes ses formes

La création ludique sous toutes ses formes

- L'organisation d'évènements ludiques »

 

 Beau programme, surtout si les actions suivent et que cela ne reste pas qu’une belle prose sur un beau papier.

En termes d’actions, le CJE présente la fougue de la jeunesse. Les réunions sont animées, les idées fusent, et l’imaginaire y trouve son meilleur terrain. Chacun y tient son rôle : le fou, le modéré, le pragmatique, le motivé, le calme, le sage, l’arbitre, le bavard, le spécialiste, le présent et l’absent… et un président chauve. Parmi les projets en gestation et même plus : l’organisation des Ludessonnes bien sûr (octobre 2008), mais aussi des animations, du conseil, la création d’un ludobus, et la mise en place d’une action particulièrement intéressante en direction des auteurs.

 Pour suivre cette aventure, rendez-vous sur le site du CJE

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SGF 2008

Publié le



Lorsque l'idée du jeu et l'association DLF s'associe, c'est la SATURDAY GAME FEVER qui s'installe pour une journée à Draveil, comme pour annoncer l'arrivée de l'été.

Durant une journée (en général le 1er samedi de juillet), nous installons nos tables et nos jeux dans la cour de l'association DLF. Il fait beau, la cour est pour l'occasion ombragée, et l'ambiance y est fort sympathique.
Nous, pour rien au monde on ne raterait ça !!

La prochaine Saturday Game Fever se déroulera
le samedi 5 Juillet 2008

DLF c'est "Derrière Les Fagots", des studios de répétition et d'enregistrement installés à Draveil depuis 1995.

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Concours de Boulogne 2007

Publié le par Jean Louis


logo-concours-boulogne-copie-1.gifCette chronique relate mon expérience comme membre du jury du concours international de créateurs de jeux de Boulogne Billancourt.
Durant 3 jours complets nous avons joué, jaugé, jugé, jouxté, ajusté, évalué les 13 jeux finalistes, bref nous avons bûché comme de beaux diables joueurs afin d'en primer 4, juste 4, et non pas 5 de plus comme nous n'avons cessé de le réclamer aux instances corellaires.

Vous avez dit cruel ?


Les 13 jeux finalistes et leurs auteurs :

Bolidz : Antoine Bauza
Copan : Fabrizio Angeletti
Gosix : Pierre Canuel
Les Géants de l’île de Pâques : Fabrice Besson
Mr Chumley’s great giveaway : Jared Scarborough
Mind Ninja : Nick Bentley
Miam Miam : Laurent Escoffier
Noah’s ark : Rob Bartel
Québec 1608 : Philippe Beaudoin & Pierre Poissant-Marquis
Split & Spl-Eat : Francesco Rotta
Stop ! : Alexandre Poye
Vauban : Xavier Georges
Venise MMC : Vincent Everart & Alain Rivollet


Les membres du jury du 26ème concours international :

 Elisa Fromont : association ludique "A-Rennes des Jeux"
Chriswart Conrad : Journaliste (Spielbox), collectionneur, créateur
Oriol Comas I Coma : journaliste, ludologue, collectionneur, créateur
Dr. Mops : Journaliste (Trictrac, Jeux sur un Plateau,…), créateur
Adèle Perché : Testeuse Ludothèque de Boulogne-Billancourt
Michel Van Langendonckt : Président de l’association des ludothèques de la communauté française de Belgique
Sébastien Braun : Boutique Au coin du jeu
Jean-Louis Sbardella : Association des Ludothèques en Ile de France (ALIF) et président de l'association "L'idée du Jeu"


Coordination artistique et pataphysique : Manuel Rozoy et Gaétan Bézieux


Seulement voilà,

dans une réalité parallèle,

ce qui se serait réellement passé...


Nous étions dix coquins où se jouerait le drame
Condamnés au huis clos, six garçons, deux femmes,
Et deux intermédiaires entre nous et le temps
Nos plus beaux ennemis, Manu et Gaétan.

Les deux diables semblaient détenir un secret
Gardé jalousement au tréfonds d’un creuset
Ils nous invitèrent et sitôt à la table
Nous étions affranchis : l’un de nous est coupable !

« Mais coupable de quoi, où donc, et à quelle heure ? »
S’indigna le barbu à qui rien ne fait peur
Et il poursuivit sur un ton sarcastique
« Aurait-on dérobé, céans, l’esprit ludique ? »

 
Docteur Mops raillant ne croit pas si bien dire
Car il faut être franc, la vérité est pire
Et puisqu’ assurément exaction il y eut
Nous sommes réunis pour en trouver l’issue.

« Décrivez le méfait », s’écrit soudain Oriol
« Si j’enquête je veux mes deux pieds sur le sol
A tout jouer je n’oublie pas le sens du devoir
Car je sais qui a tué ce con de Doc Lenoir »

« Quel est ce Cluedo, quelle Agatha Christie,
Quel roman policier invente-t-on ici ? »
C’est Adèle qui prend la parole et la main
« Allez-vous m’expliquer ! Que se passe-t-il enfin ? »

Mais avant que Manu ne puisse expliciter
C’est comme une hystérie qui secoue la tablée
Elisa s’évanouit, Michel a soudain faim
Et Chriswart se met à mordre Sébastien.

Quant à moi je récrie, je clame, je gesticule
Je rejoins mes compères dans l’hermétique bulle
Si nous apparaissons bruyants et agités
Sans doute avons-nous tous quelque chose à cacher

Les deux ludothécaires ne s’y laissent pas prendre
Et d’un éclat de voix osent se faire entendre
Leurs quatre poings s’abattent avec force puissance
Sur la table de bois... ils obtiennent le silence

« Vous êtes le jury et vous l’avez prouvé
Le concours de Boulogne a encore cette année
Primé des jeux de choix, et ce choix fut le votre
Si un dieu Lude existe vous êtes ses apôtres

Ceci est entendu ! Mais vous êtes des hommes
Et en rapinerie certains en font des tonnes
Car imaginez-vous, les treize jeux finalistes
Ont tous été volés ! Vous êtes la seule piste !

Avez-vous idée du désarroi des auteurs
Leur avouer ce méfait, je n’en ai pas le cœur
Vous cachez votre jeu, mais l’un d’entre vous ment
Il doit se démasquer, il le sait à présent ! »

Devant tant de passion et de sincérité
C’est un remord profond qui s’empare des jurés
Et dans un même élan, sans tambours ni reproches
Ils sortent tous les jeux qui des sacs, qui des poches
Car il n’y avait pas un unique voleur
Mais sans se concerter, quatre paires de tricheurs !

Monsieur Mops a remis Gosix sur la table
Adèle Noah’s arch et Chrismart, misérable,
A du rendre Bolidz et Venise MMC
Michel l’île de Pâques qu’il a si bien porté
Oriol s’est défait de Split à contre-cœur
Sébastien de Miam-Miam, Élisa quel malheur
Avait déjà caché dans sa chambre d’hôtel
Et Québec et Vauban (ainsi qu’une bouteille)
Quant à moi malheureux j’avais soustrait de là
Copan, Stop, en plus du sublime Mind Ninja...

Ainsi s’est terminé le concours de Boulogne
Pour ces jurés voyous sans plus rien dans les pognes
Mais avant de partir on a vu dépasser
Du sac de Manu, ce bon Docteur Chumley !!!


 

 

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Du jeu des idées à l'idée du jeu

Publié le par Jean Louis

repères historiques


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A tout âge, en toute circonstance, et depuis la nuit des temps, les hommes jouent. Pourtant, au fil des époques, on est surpris de voir à quel point le jeu a peu intéressé les chercheurs, philosophes, théoriens de tous poils et de tout horizon !

La pensée sur le jeu, si elle n’est pas totalement et généralement absente des travaux des intellectuels, a cependant été entourée de mépris, de peur, voire de haine de la part des directeurs de conscience. La raison principale tient en cette opposition du ludique et du sérieux, du jeu et du travail, du futile et du profond, qui structure nos représentations

 


Au commencement était le verbe

Aristote considérait qu’une « vie vertueuse ne va pas sans effort sérieux (eh oui, déjà) et ne consiste pas en un simple jeu ». Il concevait cependant le jeu comme un délassement indispensable. Cette dernière opinion fut ensuite simplement annihilée par les pères de l’église qui associèrent le jeu aux passions les plus dangereuses, entraînant l’être humain vers les perditions des plaisirs terrestres. Nous entrons alors dans la sombre période, une bonne quinzaine de siècles de morale empreinte de religiosité et d’inquisition selon laquelle toute trace de plaisir est suspecte, et a fortiori le jeu voué  aux foudres de la vindicte théologique.

Le jeu est coupable, qui détourne l’homme de sa vertueuse destinée.

Cette idée perdurent jusqu’au 18ème siècle, où Diderot donne dans l’Encyclopédie une définition du verbe jouer emprunte de cette vision négative issue des théologiens du Moyen Age : « Se dit de toutes occupations frivoles auxquelles on s’amuse ou on se délasse, mais entraîne quelquefois aussi la perte de la fortune et de l’honneur ». Il admet toutefois que « les hommes ont inventé une infinité de jeux qui tous marquent beaucoup de sagacité ».

Son collègue en Encyclopédie, Rousseau, introduit dans son traité d’éducation (1) le jeu comme un vecteur de plaisir, et donc de désir d’apprendre. Il pose les prémisses du jeu libre en prônant une « méthode inactive » où les apprentissages se feront de toute façon, s’il le faut à l’encontre de l’éducateur. Cette vision de l’éducation lui vaudra les foudres de ses contemporains et un exil en Angleterre.

Kant (2) aborde le jeu sous l’aspect du plaisir qu’il procure. Il distingue le jeu de hasard (jeu de pari), le jeu de ton (la musique) et le jeu d’idées qui « résulte du changement de représentation dans la faculté de juger, et si ce faisant aucune pensée de quelque intérêt n’est produite, l’esprit est toutefois animé » (sic)

 

Puis vint le sujet

Le jeu commence donc à être considéré porteur de potentiel et d’ingéniosité. Mais il faudra attendre le 19ème siècle pour qu’il sorte du purgatoire où il fut enfermé durant des siècles. Certains romantiques, philosophes et pédagogues, voient dans le jeu enfantin une manifestation de la nature pure, intègre, et spontanée de l’enfant. C’est par ce biais que les théoriciens vont réévaluer l’image du jeu, jusqu’aux thèses évolutionnistes de Charles Darwin qui vont permettre d’accorder au jeu de l’enfant une place de choix.Karl Groos (3) l’envisage en effet, à l’image du jeu des animaux, comme une manifestation essentielle à la survie de l’espèce.

La boîte de Pandore est ouverte.

La période fin 19ème / début 20ème siècle marque un tournant fondamental dans cette histoire des idées et du jeu. C’est l’époque de la naissance de la psychologie en tant que science humaine, puis des premiers pas de la psychanalyse. Le jeu est envisagé sous l’angle de la construction de l’individu. Il est éducatif et porteur de tous les apprentissages... et reflet de psyché.

Sigmund Freud (4) place le jeu sous le signe du « principe de plaisir ». L’enfant recherche dans le jeu une réduction des tensions accumulées. Les désirs et les conflits de chaque stade du développement sont reflétés dans le jeu de l’enfant.

Selon Mélanie Klein (5), le jeu est une conduite par laquelle tend à se réaliser un certain équilibre entre le monde extérieur et le monde intérieur. Le jeu de l’enfant est révélateur de crainte, de frustration et d’obsessions. Il va fournir aux fantasmes une voie de décharge : le jeu va donc permettre à l’enfant de résoudre les conflits.

À cette période se développe également l’idée de jeux sportifs modernes, porteurs de l’idée de démocratie ainsi que d’un certain ordre moral. La manière de considérer le jeu évolue de manière productive, reflétant les valeurs d’une société. Un courant de pensée se met en place, permettant au 20ème siècle d’explorer plus largement l’idée du jeu.

 

Et les modernes

Le jeu se met à faire l’objet de réflexion, de classification, de tentative de définition. Parmi les maîtres d’œuvre, Jean Piaget (6) ou Jean Château (7) placent le jeu au centre du développement cognitif de l’enfant.

Mais c’est un historien néerlandais, Johan Huizinga (8), qui va publier en 1938 un ouvrage majeur (Homo Ludens, essai sur la fonction sociale du jeu) et relancer la réflexion sur le jeu et sa place dans la société, en se démarquant des théories jusque là admises qui attribuent au jeu une finalité autre que lui-même.

Pour lui le jeu n’est en rien une forme « dégradée » des activités humaines, mais au contraire leur source, le principe originel de toute culture, aussi bien des pratiques rituelles des sociétés primitives que de l’art et de la création, de la sagesse et de la science, du droit, de la guerre, ou du commerce…

 

A sa suite le sociologue Roger Caillois (9) définit le jeu comme « principe permanent de la vie sociale » et propose une classification centrée sur le jeu lui-même et non plus sur ses apports ou sur ses conséquences.

Puis Jacques Henriot (10) s’intéresse à la signification du jeu à la lueur des exposés de ses pairs, et livre une réflexion purement philosophique et extrêmement « technique ». Il cherche à le situer entre un « tout est jeu » de la pensée existentialiste (je joue à paraître tel que je voudrais que l’on me voie) et un « rien n’est jeu » des psychanalystes (tout comportement a une signification dont le fondement se trouve dans mon histoire, dans ma vie réelle). Il parle de « […] ce jeu qui s’insinue entre le sujet et lui-même, jeu à la faveur duquel le sujet se découvre et s’invente à la fois comme un auteur et un acteur de son acte ».

Plus récemment Colas Duflo (11) nous propose une relecture fort pertinente de Huizinga et Caillois, et approfondit cette question du « jouer » en définissant le jeu comme « l’invention d’une liberté dans et par une légalité ».




L’état du jeu

Aujourd’hui les théoriciens se penchent sur les activités ludiques comme processus social et culturel. Jouer c’est se socialiser, construire son identité. C’est également, comme le suggérait Huizinga, inventer de nouvelles formes culturelles.

La notion de plaisir est à présent prise en compte et envisagée comme un facteur indissociable de l’activité ludique. Ce plaisir que nous recherchons dans le jeu, qui nous motive, qui nous permet de surmonter les problématiques posées à l’intérieur du jeu, et dont la résolution est, en fin de compte, le but du jeu.

 

(1) Jean-Jacques Rousseau       « Émile ou De l’éducation » 1762

(2) Kant                                         « Critique de la faculté de juger » 1790

(3) Karl Groos                               « les jeux des hommes » 1899

(4) Sigmund Freud                       « Introduction à la psychanalyse » 1917

                                                       « Au-delà du principe de plaisir » 1920

(5) Mélanie Klein                        « La personnification dans le jeu de l'enfant » 1929

(6) Jean Piaget                             « la formation du symbole chez l’enfant » 1945

(7) Jean Château                         « l’enfant et le jeu » 1967

(8) Johan Huizinga                     « Homo Ludens, essai sur la fonction sociale du jeu » 1938

(9) Roger Caillois                        « les jeux et les hommes » 1958

(10) Jacques Henriot                   "Le jeu" 1969

(11) Colas Duflo                         « Jouer et philosopher » 1997

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L'évaluation des jeux de société

Publié le par Jean Louis



Réflexions sur l’évaluation des jeux de société et le fondement scientifique des quelques outils utilisés ça et là par des magistrats aventureux.


Il est à certains tentant de noter un jeu après une partie. Non pas pour y coller le jugement de dieu –tout le monde n’a pas l’essence divine- mais une note c’est un système d’évaluation qui va nous permettre de nous souvenir de l’impression laissée par le jeu, et c’est un outil commun permettant la comparaison. C’est pourquoi elle doit résulter d’une procédure égale et significative.
Mais l’exercice est difficile ! Une note n’a de valeur que pour celui qui la donne, et pour celui qui la reçoit s’il la prend dans la gueule.

A l’instar du pavé lancé dans l’amarre, une note que l’on pose et c’est le ludus populi qui juge le jugement à la lueur de ses propres expériences. C’est légitime et culturel. Tout comme cette idée d’évaluer, de juger avec le moins intéressant des procédés : la note. Sur 20 qui plus est, format éducation nationale, pour se souvenir d’où l’on vient et comment on y retourne.

A vrai dire je fus longtemps sceptique à l’idée de poser une note sur un jeu. Inutile, et surtout ça ne veut rien dire ! Mais nous y avons versé, entraîné par le groupe, s’amusant à se demander tel un Jacques Martin dominical : « Allez, on met une note ! » à la fin de chaque partie. Et puis on y a pris goût, parce qu’en fait, et malgré mes liminaires appréhensions, cette note lorsqu’elle tombe est le reflet d’une résonance que le jeu provoqua en moi. Elle a donc véritablement un bon sens : le mien.

Alors s’il faut y aller, il semble qu’un système d’évaluation doive rendre compte de deux aspects :

# Une évaluation descriptive, fournit des indices pratiques sur des aspects objectifs et quantifiables communs à la catégorie d’objet que l’on soumet à l’exercice. Il va s’agir d’évaluer la proportion du hasard par rapport à celle de la stratégie, d’éprouver une mécanique ludique, sa logique, sa fluidité, son réalisme, d’envisager la qualité du matériel et le plaisir de sa manipulation, de considérer la clarté de la rédaction des règles et d’augurer de leur compréhension pour une bonne mise en jeu. Ces points doivent donner une idée du type de jeu traité, de son degré de difficulté, de son « efficacité ludique », permettant au lecteur de cerner le jeu en question et de le comparer aux jeux qu’il connaît.

# Une évaluation subjective : c’est le contraire ! Ici les critères sont individuels, personnels, voire intimes. Il s’agit du plaisir que l’on a pris à jouer, en toute subjectivité. Cette évaluation ne s’argumente pas ou peu et ne correspond à rien de commun. Il s’agit de rendre compte d’un instantané, d’un morceau de vie séparé, isolé dans l’espace et dans le temps, au regard de ce que l’on est à cet instant, ce que l’on y fait, et ce que cela nous évoque.

De ces deux aspects et selon le rédacteur, l’un est la modération de l’autre. Mais ce sont bien les deux assemblés qui feront le corps de la critique, et donneront au lecteur l’envie de s’y intéresser ou de passer son chemin. Sachant que du propos développé, le lecteur composera ses propres critères, et construira sa propre évaluation en fonction d’éléments maîtrisés de lui seul : réception de la critique telle qu’elle est formulée, connaissance des goûts et avis antérieurs du rédacteur (crédibilité), disposition d’esprit à cet instant ou état de son compte en banque… ou tout autre critère dont l’existence indéniable nous échappe totalement.

Donc un exercice difficile (mais ça je l’ai déjà dit), qui devient impossible aux ambitieux qui laissent entendre un haut niveau référentiel et technique, une sorte de « scientifisme ». Car entendons-nous bien : cette démarche est absurde. Elle n’est qu’à catégoriser les gens et les choses, faire des ensembles et y coller des étiquettes. Mais surtout, cette démarche tend à installer une « critique de la critique », et à nous faire croire que dans cette histoire, certains ont tort et d’autres ont raison. Ce qui est le symbole même du désarroi ludique, du leurre, du déplaisir et de l’ostentation.

Il est donc important de garder à la critique le sens prédominant qui est le sien : c’est mon avis à l’instant où je le formule, il est sincère et construit avec ce que je suis aujourd’hui. Il peut changer, et nous aussi.
D’ailleurs, t’aurais pas un peu pris ?  
i_bug_fck

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